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Concept de la rubrique

« Ces équipes oubliables » rend « hommage » à ces équipes ayant traversées les compétitions tel des météores ne laissant derrière elle que des bilans désastreux et de douloureux souvenirs pour leurs supporters. Le but premier est donc de relater ces parcours calamiteux sans oublier que sans ces petites équipes, il n'y en aurait pas de grandes.

Grèce 1994

 

Rendons ici hommage à l'équipe de Grèce de la Coupe du Monde 1994 qui participait à cette occasion à sa première phase finale. En effet la Grèce sortit vainqueur de son groupe de qualification (le groupe 5) avec 6 victoires et 2 nuls en 8 matchs. Ses adversaires dans ce groupe étaient la Russie, l'Islande, la Hongrie, et le Luxembourg. La Yougoslavie qui devait faire partie de ce groupe en avait été exclue suite à la guerre dans les Balkans.

RangEquipePtsJVNDB.pB.cDiff
1Grèce148620102+8
2Russie128521154+11
3Islande8832376+1
4Hongrie58215611-5
5Luxembourg18017217-15

Pour la Coupe du Monde, le tirage au sort plaça la Grèce dans le groupe D en compagnie de l'Argentine, du Nigeria et de la Bulgarie. Un groupe difficile pour la Grèce, avec l'Argentine finaliste en 1990, la Bulgarie, qui avait éliminé la France lors des éliminatoires (bande d'enculés) et le Nigeria, équipe africaine qui laissait entrevoir un fort potentiel.

Les "héros" de cette tragédie :

Entraîneur : Alketas Panagoulias

Joueurs (N°, poste, prénom, nom, club)
1 G Andonis Minou, Apollon
2 D Stratos Apostolakis, Panathinaïkos
3 D Thanasis Kolitsidakis, Panathinaïkos
4 D Stelios Manolas, AEK Athènes
5 D Ioannis Kalitzakis, Panathinaïkos
6 M Panagiotis Tsalouchidis, Olympiakos
7 A Dimitris Saravakos, Panathinaïkos
8 M Nikos Nioplias, Panathinaïkos
9 A Nikos Machlas, OFI Crète
10 M Tasos Mitropoulos, AEK Athènes
11 M Nikos Tsiantakis, Olympiakos
12 M Spiros Marangos, Panathinaïkos
13 D Vaios Karagiannis, AEK Athènes
14 A Vasilis Dimitriadis, AEK Athènes
15 G Christos Karkamanis, Aris Salonique
16 A Alexis Alexoudis, OFI Crète
17 M Minas Hantzidis, Olympiakos
18 D Kiriakos Karataidis, Olympiakos
19 M Savvas Kofidis, Aris Salonique
20 G Ilias Atmatzidis, AEK Athènes
21 A Alexandros Alexandris, Olympiakos
22 D Alexandros Alexiou, PAOK

La Grèce fit son entrée dans la compétition le mardi 21 juin 1994 contre l'Argentine. L'Argentine de Maradona et ses 33 ans qui a été sélectionné après une longue inactivité. Panagoulias, l'entraîneur grec, n'a pas de Maradona sous le coude, mais il est confiant : « On peut développer un jeu pétillant ; vous allez vous en apercevoir ».
Mal vu. Car se sont plutôt les Argentins qui font des bulles face à un adversaire rapidement débordé. Batistuta inscrit trois buts, le premier dès la 2ème minute de jeu, le second à la 44ème minutes juste avant la mi-temps, et le troisième à la 89ème minute sur penalty. Entre temps, à l'heure de jeu, Maradona inscrit un but d'anthologie. Après une envolée lyrique collective, Maradona reçoit le ballon, et déclenche une frappe de 20 mètres qui se loge dans la lucarne.
La Grèce encaisse donc un lourd 4-0 pour son entrée, et Panagoulias est dans les cordes : « A la fin, mes joueurs n'étaient même pas abattus. Ils étaient heureux d'avoir joué contre Maradona. C'est inadmissible ».

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

La Grèce dispute son second match le dimanche 26 juin 1994 face à la Bulgarie. Avant cette rencontre, la Bulgarie a disputé 17 matches de phase finale de Coupe du Monde. Elle n'en a pas remporté un seul (6 nuls, 11 défaites). Dans un quasi-derby, la Grèce se dit qu'elle tient une occasion en or de rebondir après le 4-0 initial. Le gardien Bulgare, Mikhailov, annonce un « match explosif ».
La seule explosion de la rencontre, c'est celle de la Grèce. Elle encaisse deux penaltys de Stoïchkov au début de chaque mi-temps (5ème et 55ème minutes), ainsi que deux autre buts signés Letchkov à la 66ème et Borimirov à la 90ème.
La Grèce encaisse un deuxième 4-0. « Donnez-moi Stoïchkov ou Romario et vous verrez autre chose », se lamente Panagoulias.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Grèce achève son calvaire le jeudi 30 juin 1994 face au Nigeria. « Notre objectif sera de marquer un but », annonce Panagoulias. Un vœu pieu, malgré l'abandon du 4-4-2 au profit du 3-5-2. Le Nigeria s'impose 2-0 sans forcer son talent. Les buts son inscrits par Finidi à la 45ème minute et par Yekini à la dernière minute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bilan
21/06/94. Argentine-Grèce : 4-0 (Boston, Foxboro Stadium, 54 456 spectateurs)
Minou - Apostolakis, Kolitsidakis, Manolas, Kalitzakis - Tsalouchidis, Nioplias, Tsiantakis (Marangos, 46ème), Kofidis - Saravakos (C.), Machlas (Mitropoulos, 58ème).

26/06/94. Bulgarie-Grèce : 4-0 (Chicago, Soldier Field, 63 160 spectateurs)
Atmatzidis - Apostolakis (C.), Kalitzakis, Karagiannis, Karataidis - Nioplias, Marangos, Hantzidis (Mitropoulos, 47ème), Kofidis - Machlas, Alexoudis (Dimitriadis, 57ème).

30/06/94. Nigeria-Grèce : 2-0 (Boston, Foxboro Stadium, 53 001 spectateurs)
Karkamanis - Kalitzakis, Karagiannis, Alexiou-Tsalouchidis, Nioplias, Mitropoulos (C.) (Tsiantakis, 72ème), Hantzidis, Kofidis - Machlas (Dimitriadis, 79ème), Alexandris.

3 matches, 0 victoire, 3 défaites, 0 but marqué, 10 encaissés.

Conclusion
Un parcours calamiteux, qui s'explique aisément. Changement tactique, turn-over important (avec notamment l'utilisation des 3 gardiens), sans oublier que les joueurs grecs évoluaient tous au pays, et syndrome de Coubertin, ils étaient tellement contant de s'être qualifié pour la phase finale, que peu leur importaient la suite des événements.

A ce moment là, personne n'imagine que dix ans plus tard, la Grèce remportera l'Euro 2004, en ayant tiré profit du parcours désastreux de la Coupe du Monde 1994.

Il faut également noter que la qualification de la Grèce pour la CM 94 fut aussi un clin d'oeil du destin pour les nombreux descendants de grecs résidant aux USA. Ainsi la star de l'équipe américaine lors de cette CM, était Alexi Panayotis Lalas, dont le père était grec. Cela explique les fortes affluences qui accompagnèrent les 3 matchs de la sélection héllène.

Alketas panagoulis
1994 Grece

Zaïre 1974

Attardons nous aujourd'hui sur la Coupe du Monde 1974 en RFA et le parcours de l'équipe du Zaïre.

Kinshasa, stade du 20-mai, le 9 décembre 1973. Le Zaïre vient à bout du Maroc sur le score de 2 à 0 et arrache sa qualification pour la Coupe du Monde 1974 organisée par la RFA. Après un marathon qui aura vu l'équipe se débarrasser successivement du Togo, du Cameroun, du Ghana et de la Zambie, ce triomphe met tout un pays dans la joie et l'allégresse. La victoire face aux Maghrébins a en effet tout du passage de témoin : quatre ans plus tôt, au Mexique, le Maroc était devenu le premier pays africain à se qualifier pour un Mondial depuis l'Egypte en 1934 (éliminée au 1er tour par la Hongrie, 4 buts à 2). Le Zaïre devient également le premier pays de l'Afrique noir a se qualifier.

Le Zaire est à cette époque une véritable machine de guerre. Les clubs locaux enchaînent les victoires en Coupe d'Afrique des champions, et le pays s'est adjugé la CAN 1968 pour sa première participation !

Pour donnée une idée de la confiance zaïroise du moment, le quotidien de Kinshasa, Elima, annonce le 10 décembre 1973, que les Léopards (surnom de la sélection) vont gagner sans problème la CAN 74 qui aura lieu en mars. Et c'est ce qu'il se produit. Placé dans le groupe B, il termine en deuxième position derrière l'autre Congo, tout en devançant la Guinée et l'Ile Maurice. En demi-finale, ils sont opposés à l'Egypte, pays organisateur de la CAN 74. Il s'impose 3 à 2 et se qualifie pour la finale. Il la remporte en battant la Zambie non sans mal. En effet la finale s'achève sur le score de 2 à 2 après prolongation. Le match est donc à rejouer et cette fois, le Zaïre s'impose dans le temps impartie : 2 à 0. Mulamba Ndaye est l'auteur des deux buts de la finale. Il en inscrit 9 dans le tournoi et établit un record qui tient encore !

Le pays vit alors son état de grâce. Jospeh Désiré Mobutu, son dirigeant porté au pouvoir suite à un coup d'état appuyé par la CIA et l'ancien colons Belge, voit grand. Pour celui qui a décidé de "rompre" avec l'Occident en 1971, cette qualification pour la CM 74, est la preuve que l'Afrique n'a pas besoin de l'Europe pour réussir. Il s'agit aussi d'un formidable coup de pub à quelques mois de l'organisation du célèbre match de boxe "Rumble in the Jungle" qui doit réunir Mohamed Ali et Georges Foreman à Kinshasa.

Si Mobutu, règne en despote sur son pays, il se montre très généreux avec les Léopards. Chaque joueur retenu pour la CM se voit offrir une maison, une voiture et quinze jours de vacances "à l'étranger". Petit problème néanmoins : les généraux de Mobutu sont tellement jaloux que le dictateur est contraint de leur acheter une voiture à tous pour les calmer !!!

Les "héros" de cette épopée

Entraîneur : Blagoje Vidinic

Joueurs (N°, poste, prénom, nom, club)

1 G Mwamba Kazadi, Mazembe Lubumbashi
2 D Ilunga Mwepu, Mazembe Lubumbashi
3 D Mukombo Mwanza, Mazembe Lubumbashi
4 D Tshimen Buhanga, Mazembe Lubumbashi
5 D Boba Lobilo, AS Vita Kinshasa
6 M Masamba Kilasu, FC Bilima
7 M Wamunda Tshimabu, Mazembe Lubumbashi
8 M Mambwene Mana, Imana Kinshasa
9 M Uba Kembo, AS Vita Kinshasa
10 M Mantantu Kidumu, Imana Kinshasa
11 D Babo Kabasu, FC Bilima
12 G Dimbi Tubilandu, AS Vita Kinshasa
13 M Mulamba N'Daye, AS Vita Kinshasa
14 A Adelard Mayanga, AS Vita Kinshasa
15 M Mafu Kibonge, AS Vita Kinshasa
16 D Mialo Mwape, Nyiki Lubumbashi
17 M Kafula N'Goie, Mazembe Lubumbashi
18 A Mafuila Mavuba, AS Vita Kinshasa
19 A Ekofa M'Bungu, Imana Kinshasa
20 A Kalala N'Tumba, AS Vita Kinshasa
21 A Etepe Kakoko, Imana Kinshasa
22 G Otepa Kalambay, Mazembe Lubumbashi


Le Zaïre joue donc le premier match de Coupe du Monde de son histoire face à l'Ecosse le 14 juin à Dortmund. Battus 2-0, les Zaïrois ne sont cependant pas ridicules aux yeux des observateurs. Dans France Football, Jean-Paul Oudet se hasarde même à penser que le Zaïre pourrait bien réussir face aux redoutables Yougoslaves...

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

Mais le 18 juin à Gelsenkirchen, les Léopards se font bouffer tout crus par leurs adversaires, plus techniques et plus expérimentés. Le Zaïre finit le match à 10 et prend 9-0. Bajevic par trois fois, Dzajic, Surjak, Katalinski, Bogicevic, Oblak et Petkovic sont les buteurs de ce match historique, alors la plus large victoire dans l'histoire des phases finales. A noter que le gardien zaïrois fut remplacé à la pause alors que le score était déjà de 6-0 (son copain fit un peu mieux, ne prenant "que" trois buts)...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour l'honneur, les Zaïrois affrontent le tenant brésilien le 22 juin à Francfort en clôture de ce premier tour (et dernier par la même occasion). Sans forcer, les champions du monde s'imposent 3-0, mettant fin de triste manière au parcours des Léopards.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bilan : trois défaites, aucun but marqué pour quatorze encaissés. C'est moins bien que la Grèce de la World Cup 94 qui ne prit que dix buts dans la musette. A titre de comparaison, Haïti, qui faisait lui aussi ses débuts dans un groupe très relevé (Italie, Argentine, Pologne), encaissa également quatorze buts mais eut au moins le mérite de marquer deux buts, par Sanon (défaites 3-1 face à l'Italie, 7-0 face à la Pologne, 4-1 face à l'Argentine).

Trente ans plus tard, beaucoup de héros de cette épopée vivent dans la pauvreté. En revanche, la réédition du maillot du Zaïre de la CM 74 (voir la photo), fabriqué en Angleterre se vend une fortune.

Maillot Zaire 1974