Une histoire Celeste
L'Uruguay fut la meilleure équipe du monde dans les années 1920 et le premier géant du football sud-américain. Retour vers le passé !
Les débuts.
L'Asociación Uruguaya de Fútbol fut fondée le 30 mars 1900 et l'équipe d'Uruguay joua son premier match le 16 mai 1901 contre l'Argentine. Malgré la défaite 3-2 ce match est entré dans l'histoire car il s'agissait du premier match disputé hors du Royaume-Uni et de l'Irlande. Depuis Uruguayens et argentins se sont affrontés à plus de 160 reprises ce qui constitue le record de matchs entre deux sélections. Jusqu'en 1916 l'Uruguay disputa 30 matchs dont 29 contre l'Argentine. 1916 voit la création de la Copa America. L'Uruguay s'adjuge les deux premières éditions en 1916 et 1917 avant de terminer second en 1919. Elle renoue avec la victoire en 1920, 1923 et 1924 (troisième en 1921 et 1922).
L'année 1924 permet à l'Uruguay d'entrée dans la légende du football. L'Uruguay remporte le tournoi de football des JO de 1924 en France et émerveille le public parisien. Elle y gagne son surnom de « Celeste » du à la couleur de son maillot Bleu. José Andrade est quant à lui surnommé la « Merveille noire ». Ils récidivent lors des JO de 1928 à Amsterdam.
La première Coupe du monde.
C'est en 1928 qu'est finalisé le projet d'organiser une Coupe du monde de football. La première édition aura lieu en Uruguay. Motifs ? Ils ont remportés les deux derniers JO et vont fêter le centenaire de leur indépendance en 1930. La première Coupe du monde en Uruguay porte très mal son nom puisque tous les matchs ont lieu à Montevideo, avec seulement trois stades. 13 équipes sont de la partie dont 4 européennes : France, Belgique, Roumanie, Yougoslavie. Ce faible nombre d'équipe s'explique par le long voyage à entreprendre pour se rendre en Uruguay. Les Bleus mettront 15 jours pour s'y rendre à bord du « Conte Verde ». Les raisons économiques entrent aussi en jeu : les effets de la crise de 29 se font sentir ! Par ailleurs c'est déjà la guerre sélections-clubs. Les clubs autrichiens refusent de perdrent leurs joueurs pendant une trop longue période.
Pour l'occasion l'Uruguay se construit un stade flambant neuf : l'estadio centenario (stade du centenaire) dont les tribunes portent des noms évocateurs : Colombes, Amsterdam. Le stade n'étant pas près à temps l'Uruguay reporte le match d'ouverture qu'elle devait disputer : la France et le Mexique en profite pour entrer dans l'histoire en prenant part à la première rencontre d'une CM. Lucien Laurent en devient le premier buteur. L'Uruguay s'en fout car elle remporte la première Coupe du monde en battant en finale son inévitable voisin argentin. Pour la petite histoire c'est sur une histoire de ballon que la finale semble s'être jouée. Les deux équipes s'étaient pointées sur le terrain avec leur propre ballon. L'arbitre décida qu'on jouerait la première mi-temps avec le ballon argentin et la seconde avec le ballon uruguayen. Anecdotique ? Non. A la mi-temps l'Argentine mène 2-1 pour finalement perdre 4-2 ! En 1931 l'Uruguay et le Brésil s'affrontent à travers la Copa Rio Branco. Cette coupe sera jouée de manière irrégulière jusqu'en 1976. Battu l'Uruguay transmet le bâton Nasazzi au Brésil. Portant le nom du grand capitaine uruguayen, ce bâton virtuel symbolisait le titre de champion du monde uruguayen. L'équipe qui battrait l'Uruguay en serait le nouvel acquéreur. Une fois entre les mains du Brésil il faut les battre pour leur prendre.
La Celeste fait sa diva !
En 1934 l'Uruguay boycotte la CM en Italie car elle n'a pas apprécié l'absence de nombreux pays européens à sa coupe du monde. Rebelote en 1938 mais là c'est pour exprimer la solidarité sud-américaine. Les Argentins espéraient organiser la CM 1938 au principe d'une alternance Am Sud-Europe. Mais la CM 1938 échoit à la France. L'Argentine boycotte et entraîne avec elle l'Uruguay et d'autres pays : Colombie, Costa Rica, Salvador, Mexique et la Guyane hollandaise, futur Surinam. Le Brésil s'abstient car il a décidé de postuler à l'organisation de la CM 1942 qui ne verra pas le jour à cause d'une petite guéguerre entre européens.
1950 : Si tu vas à Rio ...
En 1950, l'Uruguay remet les pieds en Coupe du monde. Cette coupe du monde porte très mal son nom car il s'agit d'un championnat en deux phases. La dernière phase de groupe regroupe le Brésil, l'Uruguay, la Suède et l'Espagne. Le Brésil et l'Uruguay remportent leurs deux premiers matchs face aux européens et vont décider du nom du vainqueur lors du dernier match qui les oppose. Le Brésil qui a une meilleure différence de but peut se contenter d'un match nul. Archi favoris le Brésil confirme ce statut en ouvrant la marque à la 47ème minute. Le Maracana exulte ! Mais Schiaffino ramène les deux équipes à égalité à la 66ème. C'est alors que le drame va se produire : à la 79ème Ghiggia déborde. Le gardien Barbosa anticipe un centre qui n'arrivera jamais puisque Ghiggia voyant Barbosa s'avancer tir au but et marque. Silence de cathédrale au Maracana. L'Uruguay remporte sa deuxième en coupe du monde en seulement ... deux participations ! A chaque fois il n'y eu que treize participants !
Je tacle donc je suis.
L'Uruguay termine 4ème en 1954 lors de la CM en Suisse, gagne la Copa America en 1956 mais rate la CM de 1958. Un an plus tard elle remporte la Copa America bis. Pourquoi bis ? Parce qu'en 1959 il y eu deux Copa America ! La première eu lieu en Argentine et la seconde eu lieu en Equateur qui souhaitait rentabiliser son tout nouveau stade : l'Estadio Modelo basé à Guayaquil. Les 10 matchs de cette Copa bis y furent tous joués.
L'Uruguay abandonne petit à petit son style de jeu chatoyant pour une style beaucoup plus barbare. Sans doute, l'influence des « SS in Uruguay » se fait sentir.
Quart de finaliste en 1966, troisième en 1970, avec une Copa America en 1967, l'Uruguay dégage dès le premier tour en 1974 avant de raté les CM 1978 et 1982. Petit baume au cœur en 1980-1981 avec la victoire au Mundialito qui fêtait les 50 ans de la coupe du monde 1930 ! En 1983 la Celeste remporte la Copa America qu'elle organise avant de perdre deux ans plus tard une drôle de finale : la Coupe intercontinentale des nations face à la France, vainqueur de l'Euro 1984.
L'Uruguay retrouve la Coupe du monde en 1986. Si tout va bien contre l'Allemagne (1-1) elle se prend un 6-1 contre le Danemark mais sauve l'honneur avec une expulsion dès la 19ème minute. Pour son dernier match face à l'Ecosse, l'Uruguay promet l'enfer aux écossais. Quiniou qui sera l'arbitre du match en prend note. Dès la première minute du match, Batista agresse je ne sais plus qui (ma mémoire me fait défaut) et récolte un rouge. A noter que l'entraîneur écossais est un futur « sir » : Alex Ferguson. Le match se termine sur un 0-0 et l'Uruguay se qualifie pour les huitièmes de finale en terminant parmi les 4 meilleurs troisième à la ... 4ème place. C'est l'Argentine qui croise sa route ! Le but du match ? Tacler Maradona. 4 cartons jaunes et une défaite 1-0 signe l'élimination de l'Uruguay. L'Uruguay prend sa revanche l'année suivante en remportant la Copa America 1987 organisée en Argentine. La Celeste y bat l'Albiceleste en demi-finale 1-0.
En 1990 l'Uruguay vit un premier tour cauchemardesque avec zéro expulsion. Lors du match contre la Belgique c'est même Gerets qui leur donne une leçon en rentrant aux vestiaires à la 41ème minute. Une fois de plus dernier des meilleurs troisièmes, l'Uruguay sort une nouvelle fois en huitième : cette fois ci face à l'Italie, pays organisateur.
A la recherche du temps perdu.
L'Uruguay rate la Coupe du monde 1994, et celle de 1998 mais gagne entre temps la Copa America 1995. Une victoire à domicile bien évidemment. C'est à l'heure actuelle sa 14ème et dernière victoire dans cette épreuve. Elle détient donc le record de victoire avec sa copine argentine ! Sur ses 14 victoires, 7 furent acquises à domicile. Autre record : c'est le plus petit pays à avoir gagné une Coupe du monde. En 1997, l'Uruguay via sa Copa 1995 participe à la Coupe des Confédérations 1997. Elle y termine 4ème.
Histoire de redorer le blason et c'est vraiment le cas de le dire, l'Uruguay se brode 4 étoiles sur son maillot dans les années 2000. Pourquoi 4 alors que seulement deux victoires en CM ? Parce que chez eux, les victoires aux JO sont considérées comme des ancêtres de CM.
L'Uruguay croyait renouer avec sa légende en se qualifiant pour la CM 2002 mais elle y fut éliminée au premier tour en y étant incapable de battre l'équipe de France pourtant battue par le Sénégal puis par le Danemark. En 2006 l'Uruguay se fait éliminer en barrage par l'Australie au terme d'une jolie passe d'arme aérienne. Les Uruguayens avaient volontairement retardé les vols régulier vers l'Australie après le match aller à Montevideo afin de maintenir les australiens en Uruguay et de les devancer pour arriver en Australie. S'était sans compter sur la roublardise australienne qui avait bien senti le coup et avait affrété son propre avion !
L'Uruguay repasse par les barrages lors des éliminatoires de la Coupe du monde. Opposé au Costa Rica, la Celeste s'impose 1-0 au Costa Rica. Le match retour est serré et tendu : 1-1 avec une bagarre entre les remplçants costariciens et ... une équipe de télévision. Dernière équipe à obtenir sa qualification, l'Uruguay se prend à rever d'un bon parcours avec le tirage au sort de la phase finale : l'Afrique du Sud (pays organisateur), le Mexique et la France domenechienne. L'Uruguay débute par un triste 0-0 contre la France avant d'infliger un sévère 3-0 aux Bafana Bafana. Lors du dernier match, l'Uruguay bat le Mexique 1-0 et enchaîne pour la première depuis la Coupe du monde 1970, deux victoires de suite dans une phase finale ! En huitième de finale, l'Uruguay écarte la Corée du Sud deux buts à un. Le quart de final lui propose un match contre le Ghana et donc toute l'Afrique. Un but partout à la 119ème minute quand Luis Suarez repousse de la main le ballon qui allait entré dans le but. Expulsion et penalty. Un penalty que Gyan expédie sur la barre. L'Uruguay achève ensuite les Black Stars aux t.a.b avec une sublime Panenka d'Abreu. Suarez devient un héros national et déclare : «Maintenant, la main de Dieu, c’est moi». L'Uruguay s'incline en demi-finale contre les Pays-Bas puis en petite finale contre l'Allemagne.
Objectif 2030.
L'Uruguay n'espère qu'une chose maintenant. Organiser la CM 2030 pour le centenaire de l'épreuve. Mais ce petit pays n'a pas suffisamment d'argent pour le faire. La Celeste s'est donc tournée vers son voisin argentin pour une co-organisation.
Bilan.
Parcours en CM.
1930 : Vainqueur
1934 : Non inscrit
1938 : Non inscrit
1950 : Vainqueur
1954 : 4e
1958 : Non qualifié
1962 : 1er tour
1966 : Quart de finale
1970 : 4e
1974 : 1er tour
1978 : Non qualifié
1982 : Non qualifié
1986 : 2e tour
1990 : Huitième de finale
1994 : Non qualifié
1998 : Non qualifié
2002 : 1er tour
2006 : Non qualifié
Vainqueur de la Copa America en 1916, 1917, 1920, 1923, 1924, 1926, 1935, 1942, 1956, 1959, 1967, 1983, 1987 et 1995. En gras les victoires à domicile.
Vainqueur des JO en 1924 et 1928.
Vainqueur de la Copa Rio Branco en 1940, 1946, 1948, 1968.
Suède 1958 : l'épopée française
Le 28 juin 1958, l'équipe de France terminait troisième de la Coupe du monde 1958 organisée par la Suède du 8 au 29 juin.
Le 12 mars 1958, la veille de l'annonce de la sélection des joueurs pour la Coupe du monde, le FLN contacte tous les joueurs d'origine algérienne, évoluant dans les clubs professionnels français, pour qu'ils quittent leur club et rejoignent Tunis afin de mettre sur pied une équipe du FLN, à des fins de propagande. Mustapha Zitouni et Rachid Mekhloufi qui ont rejoint le FLN faisaient partie de la liste de Bleus annoncé par Paul Nicolas le 13 mars.
Le mardi 20 mai 1958 l'équipe de France arrive en Suède à l'aéroport de Stockholm-Bromma. Raymond Kopa n'est pas du voyage car le Real Madrid dispute la finale de la Coupe des clubs champions européens 1957-1958 le 28 mai 1958. Kopa rejoindra les Bleus après la finale. L'équipe de France réside à l'hôtel Laxbrogarden à Kopparberg, une petite ville de 3 000 habitants.
Premier tour
Au premier tour, la France, fut placée dans le groupe B en compagnie de l'Ecosse, du Paraguay et de la Yougoslavie.
8 juin 1958 : France-Paraguay : 7-3 (Fontaine 25', 30' et 66', Piantoni 31', Wisnieski 62', Kopa 70', Vincent 84' ; Amarilla 21' et 42' (pen), Romero 50')
11 juin 1958 : Yougoslavie-France : 3-2 (Petaković 16', Veselinović 65' et 87' ; Fontaine 5' et 85')
15 juin 1958 : France-Ecosse : 2-1 (Kopa 22', Fontaine 45' ; Baird 66')
La France termina première de son groupe avec 2 victoires et une défaite.
Classement
1. France 4 pts, 3 m, 2 v, 0 n, 1 d, 11 bp, 7 bc.
2. Yougoslavie 4 pts, 3 m, 1 v, 2 n, 0 d, 7 bp, 6 bc.
3. Paraguay 3 pts, 3 m, 1 v, 1n, 1d, 9 bp, 12 bc.
4. Écosse 1 pt, 3 m, 0 v, 1n, 2d, 4 bp, 6 bc.
Quart de finale
19 juin 1958 : France-Irlande du Nord : 4-0 (Wisnieski 43', Fontaine 55' et 63', Piantoni 70')
La France triompha aisément de l'Irlande du Nord qui pour se qualifié avait disputé un match de barrage le 17 juin contre la Tchécoslovaquie. En effet à cette époque, la différence de but et les confrontations directes ne départageaient pas les équipes qui comptaient le même nombre de points.
Demi-finale
24 juin 1958 : Brésil-France : 5-2 (Vavá 2', Didi 39', Pelé 53', 64' et 73' ; Fontaine 9', Piantoni 83')
Cette demi-finale fait partie de la légende du football français. Avant le match, le Brésil n'avait toujours pas encaissé le moindre but ! Malgré l'ouverture rapide du score par le Brésil, la France revenait aussitôt dans la partie en égalisant à la 9ème minute. Le tournant du match eu lieu à la 26ème minute quand Vava cassa le péroné de Jonquet. Les changements de joueurs étant non autorisés en 1958, Jonquet resta sur le terrain mais s'exila à l'aile; Marcel, qui surveillait Didi, le remplaça comme arrière et la défense centrale Penverne-Marcel joua alors en zone contre la paire Vava-Pelé, Vincent surveillant Didi. La France s'inclina finalement 5-2 ce qui laissa de nombreux regrets à Kopa qui ne cesse de rappeler qu'à 11 contre 11 les Brésiliens auraient peut être gagné la demi-finale mais pas avec 3 buts d'écarts.
Match pour la troisième place
28 juin 1958 : France-RFA : 6-3 (Fontaine 16', 36', 78' et 89', Kopa 27' (pen), Douis 50' ; Cieslarczyk 18', Rahn 52', Schäfer 84'
Face au champion du monde 1954, la France réalisa un superbe match. Fontaine en profita pour inscrire 4 buts et battre le record de buts en phase finale qui appartenait à Hidegkuti (11 buts en 1954). Aujourd'hui le record de Fontaine tient toujours et semble inaccessible. Avec 23 buts la France termine meilleur attaque de la compétition. Kopa fut élu meilleur joueur du tournoi.
Les héros de 1958
Gardiens de but
1 Claude Abbes, AS Saint-Étienne, 24.05.1927, 4 matchs, 0 but.
2 Dominique Colonna, Stade de Reims, 04.09.1928, 0 match, 0 but.
3 François Remetter, Girondins de Bordeaux, 08.08.1928, 2 matchs, 0 but.
Défenseurs
4 Raymond Kaelbel, AS Monaco, 31.05.1932, 6 matchs, 0 but.
5 André Lerond, Olympique lyonnais, 06.12.1930, 6 matchs, 0 but.
6 Roger Marche, RC France, 05.03.1924, 1 match, 0 but.
7 Robert Mouynet, Olympique lyonnais, 25.03.1930, 0 match, 0 but.
Milieux de terrain
8 Bernard Chiarelli, US Valenciennes, 24.02.1934, 0 match, 0 but.
9 Casimir Hnatow, SCO Angers, 09.01.1929, 0 match, 0 but.
10 Robert Jonquet, Stade de Reims, 03.05.1925, 5 matchs, 0 but.
11 Maurice Lafont, Nîmes Olympique, 13.09.1927, 1 match, 0 but.
12 Jean-Jacques Marcel, Olympique de Marseille, 13.06.1931, 5 matchs, 0 but.
13 Armand Penverne, Stade de Reims, 26.11.1926, 6 match, 0 but.
Attaquants
14 Raymond Bellot, AS Monaco, 09.06.1929, 0 match, 0 but.
15 Stéphane Bruey, SCO Angers, 01.12.1932, 0 match, 0 but.
16 Yvon Douis, Lille OSC, 16.05.1935, 1 match, 1 but.
17 Just Fontaine, Stade de Reims, 18.08.1933, 6 matchs, 13 buts.
18 Raymond Kopa, Real Madrid, 13.10.1931, 6 matchs, 3 buts.
19 Célestin Oliver, UA Sedan-Torcy, 12.07.1930, 0 match, 0 but.
20 Roger Piantoni, Stade de Reims, 26.12.1931, 5 matchs, 3 buts.
21 Jean Vincent, Stade de Reims, 29.11.1930, 6 matchs, 1 but.
22 Maryan Wisnieski, RC Lens, 01.02.1937, 6 matchs, 2 buts.
Sélectionneur, Paul Nicolas, 04.11.1899
Entraîneur, Albert Batteux, 02.07.1919
Entraîneur adjoint, Jean Snella, 09.12.1914
René Bliard (Attaquant), Stade de Reims, 18.10.1932 fut initialement sélectionné dans l'équipe nationale pour la coupe du monde mais suite à une blessure il fut remplacé par Bellot. Sa blessure entraîna la titularisation de ... Just Fontaine ! A noté que plusieurs journalistes s'opposèrent à la sélection de Kopa. Ce dernier évoluant au Real Madrid n'était plus sélectionné car à l'époque seuls les joueurs évoluant en France pouvaient prétendre à la sélection. Malgré cela Kopa fut du voyage.
Le drame de Superga
Le 4 mai 1949, après avoir joué un match amical contre le Benfica pour le jubilé du capitaine portugais José Ferreira, l'avion transportant l'équipe du Torino s'écrasait contre la colline de Superga.
Le Toro était alors la meilleure équipe d'Italie (championne en 1946, 1947, 1948 et alors leader de la Serie A). Le Torino termina la saison avec les joueurs de son équipe réserve. Afin d'honorer la mémoire des disparus et de permettre au Torino de remporter le titre, les quatre derniers adversaires du Torino (Fiorentina, Genoa, Sampdoria et Palerme) envoyèrent leurs équipes réserve.
Parmi les victimes, deux joueurs Français : Roger Grava et Emile Bongiorni. Ils avaient tous les deux rejoint le Toro à l'été 1948.
Les victimes.
Joueurs
Valerio Bacigalupo
Aldo Ballarin
Dino Ballarin
Émile Bongiorni
Eusebio Castigliano
Rubens Fadini
Guglielmo Gabetto
Roger Grava
Giuseppe Grezar
Ezio Loik
Virgilio Maroso
Danilo Martelli
Valentino Mazzola
Romeo Menti
Piero Operto
Franco Ossola
Mario Rigamonti
Giulio Schubert
Employés du club
Arnaldo Agnisetta, directeur
Ippolito Civalleri, directeur
Egri Erbstein, entraîneur
Leslie Lievesley, entraîneur
Ottavio Corina, masseur
Équipage
Pierluigi Meroni, commandant de bord
Antonio Pangrazi
Celestino D'Inca
Cesare Biancardi
Journalistes
Renato Casalbore, (Tuttosport)
Luigi Cavallero, (La Stampa)
Renato Tosatti, (Gazzetta del Popolo)
organisateur
Andrea Bonaiuti
Matthias Sindelar, le mozart du football
Le "Mozart du football" fut considéré comme le plus grand footballeur autrichien de tous les temps et l'un des tout meilleurs en Europe durant l'entre deux guerres.
Né en 1903, fils d'immigrés tchécoslovaques juifs, il signa à l'âge de 15 ans dans le club du Hertha Vienne, avant de s'engager à l'Austria Vienne avec lequel il gagna plusieurs fois le championnat et la coupe d'Autriche dans les années 1930.
Il connaît sa première sélection avec l'Autriche en 1926 et la mène très vite vers les sommets : 1/2 finaliste de la Coupe du monde 1934 (éliminée par l'Italie sous les yeux de Mussolini), vice-championne olympique en 1936 et de nombreuses (et larges) victoires sur tous les terrains d'Europe (101 buts en 31 matches entre 1930 et 1934). L'Autriche acquiert alors le surnom de "Wunderteam" ("l'équipe merveilleuse") et s'impose comme l'une des meilleures équipes du monde.
Les années passant, la situation politique internationale se dégrade. L'Allemagne envahit l'Autriche en mars 1938 et décide de créer une nouvelle équipe austro-allemande. Sindelar refuse de collaborer et décline la sélection. Il devient alors un symbole de la résistance sportive au nazisme. Mais il est de fait fiché sympathisant juif par les autorités allemandes, qui voient en lui un individu dangereux.
Un jour de janvier 1939, Sindelar est retrouvé mort asphyxié au gaz dans une chambre de Vienne avec sa compagne. Les uns parleront de suicide pour échapper aux nazis, les autres d'assassinat contre un ennemi du régime. L'écrivain Friedrich Torberg lui dédiera un poème : "Auf den Tod eines Fußballers" ("A propos de la mort d'un footballeur").
Voici le poème en question :
Er war ein Kind aus Favoriten
und hieß Matthias Sindelar.
Er stand auf grünem Platz inmitten,
weil er ein Mittelstürmer war.
Er spielte Fußball, und er wußte
vom Leben außerdem nicht viel.
Er lebte, weil er leben mußte
vom Fußballspiel fürs Fußballspiel.
Er spielte Fußball wie kein zweiter,
er stak voll Witz und Phantasie.
Er spielte lässig, leicht und heiter,
er spielte stets, er kämpfte nie.
Er warf den blonden Schopf zur Seite,
ließ seinen Herrgott gütig sein,
und stürmte durch die grüne Weite
und manchmal bis ins Tor hinein.
Es jubelte die Hohe Warte,
der Prater und das Stadion,
wenn er den Gegner lächelnd narrte
und zog ihm flinken Laufs davon.
Bis eines Tages ein andrer Gegner
ihm jählings in die Quere trat,
ein fremd und furchtbar überlegener,
vor dem’s nicht Regel gab noch Rat.
Von einem einzigen harten Tritte
fand sich der Spieler Sindelar
verstoßen aus des Planes Mitte
weil das die neue Ordnung war.
Ein Weilchen stand er noch daneben,
bevor er abging und nachhaus.
Im Fußballspiel, ganz wie im Leben,
war’s mit der Wiener Schule aus.
Er war gewohnt zu kombinieren,
und kombinierte manchen Tag.
Sein Überblick ließ ihn erspüren,
daß seine Chance im Gashahn lag.
Das Tor, durch das er dann geschritten,
lag stumm und dunkel ganz und gar.
Er war ein Kind aus Favoriten
und hieß Matthias Sindelar.
Friedrich Torberg
Eliminée, repêchée, forfait : l'odysée française de la Coupe du monde 1950.
En battant l'Irlande en novembre 2009 en jouant au foot gaélique, la France s'est qualifiée pour la Coupe du monde 2010.
Pour la première fois de son histoire la France enchaîne une quatrième phase finale d'affilée. Jusqu'à présent on se contentait de trilogie : 1930-1934-1938, 1978-1982-1986, 1998-2002-2006. La seule vraie performance date de la génération Platini qui est allée chercher ses trois qualifs sur le terrain. En 1930 les équipes étaient invitées, en 1998, la France était pays organisateur. Pourtant ce quadruplé aurait pu être réalisé dès la Coupe du monde 1950 si on n'avait pas fait un caca nerveux.
Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1950, la France est opposée à la Yougo sur le principe d'une confrontation aller-retour. Après un match nul un but partout à Belgrade la France se voit déjà qualifiée. Au retour, la France concède le nul un but partout. Egalité parfaite et donc match d'appuis à Florence en Italie. La France s'incline 3-2 après prolongations et est donc éliminée.
Comme en France on n'a pas de pétrole mais des idées, nos journalistes affirment d'emblée qu'il y aura des forfaits et qu'on va finalement y aller à cette coupe du monde 1950. Certains écrivent même que la France, inventeur de la Coupe du monde, mérite d'être qualifiée sur ce seul motif. Le plus dingue c'est qu'à la FIFA ils sont plutôt d'accord avec ça ! La chance de la France va venir d'Ecosse. Pour ces éliminatoires, le British Home Championship 1949-1950 sert de groupe qualificatif. Le British Home Championship c'était une compétition entre les quatre nations british : Angleterre, Ecosse, Irlande, Pays de Galles. Avant la dernière journée, l'Ecosse et l'Angleterre sont égalité de points. Cela ne pose aucun problème car les deux premier sont qualifiés et qu'ils ne peuvent plus être rattrapés par l'Irlande et le Pays de Galles. Oui mais voila, les Ecossais décident que s'ils terminent deuxième ils n'iront pas en Coupe du monde car seule la meilleure équipe britannique doit y aller. C'est super conceptuel et les Ecossais trouvent le moyen de se faire battre à domicile par l'Angleterre lors de la dernière journée.
La FIFA invite alors la France à prendre leur place d'autant plus qu'une autre équipe européenne déclare forfait : la Turquie.
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Ensuite lors du tirage au sort la France se retrouve dans le groupe 4 avec l'Uruguay, la Bolivie et une équipe à déterminée (oui, oui vous avez bien lu).
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Jusqu'ici tout va bien mais la France va trouver le moyen de tout compliquer. Battue par l'Ecosse en amical le 27 mai 1950, la France s'incline ensuite 4-1 en Belgique le 4 juin 1950 lors d'un nouveau match amical. A la Fédération on flippe sévère et on se dit qu'il vaudrait mieux déclarer forfait pour ne pas se faire étriller lors de la Coupe du monde ! Mais comme c'est tentant une coupe du monde on déclare seulement forfait contre la Bolivie. La raison ? Le premier match contre l'Uruguay a lieu à Porto Alegre et le match contre la Bolivie à Recife. Les membres de la FFF estiment que cela fait beaucoup trop de kilomètres à parcourir... Les Brésiliens restent inflexibles et la France déclare finalement forfait pour les deux matchs. Résultat lors de la Coupe du monde 1950, le Groupe 4 ne comporta que deux équipes. L'Uruguay s'imposa 8-0 et se qualifia pour le second tour.
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